SIC SRD un exemple éloquent des dangers des partenariats public-privé
Par Jean-Claude Gauthier le mercredi, mai 19 2010, 06:32 - LIBRE OPINION
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PPP
santé
SIC-SRD
SOGIQUE
Habituellement, lorsque je songe aux PPP, ce sont des images de grosses constructions assumées par des conglomérats privés qui me viennent à l'esprit. Ou encore l'invasion des couloirs de nos institutions publiques par des employés d'entretien issus d'entreprises privées. Et plus récemment, des cartes de crédit prêtées à un ministre par un propriétaire d'agence de sécurité.
Il ne m'était pas encore venu à l'idée que le recours à des entreprises privées en informatique par le ministère de la santé puisse être une forme de PPP. Or, ça fait beaucoup de sens. Et ça clarifie un bon nombre d’enjeux dont les quelques uns qui suivent.
Je comprends mieux dès lors pourquoi les CRD ont hérité d’un logiciel si bancal, «cheap» de catégorie B. La règle du plus bas soumissionnaire a sans doute prévalu. À moins que ce ne soit la règle du plus généreux donateur au parti libéral …
Exit l’obligation de consulter les employés lorsqu’on confie le mandat à SOGIQUE ou une autre boite de la sorte . Nul besoin de mettre sur pied des comités encombrants qui posent des questions et agissent avec prudence. Ce qu’il y a de pratique avec le privé c’est le principe d’une commande, un résultat. Rien de bien bien compliqué ni de très réfléchi d’ailleurs. Pour ce qui est de la qualité, «veuillez vous référer à notre service après vente». Et puis, bonne chance…
Si jamais il devait y avoir des fuites, des bévues en tout genre, aucun souci à se faire. Ce sera l’entreprise privée qui essuiera le blâme. Au pire, l’entreprise fermera ses portes et reviendra - par la porte arrière - sous un autre nom. Vive la déresponsabilisation et la délégation de l’imputabilité ministérielle!
On comprend également mieux comment notre administration actuelle à Québec fait pour rompre avec la tradition et contourne les règles usuelles entourant la confidentialité et le secret professionnelles. En confiant ainsi la clef des archives à une entreprise privée, elle s’assure une complaisance et une collusion qui ne lui auraient jamais été offerte aussi simplement par ses employés, habitués à toujours garder l’intérêt des citoyens en tête.
Le gros bon sens nous dicte qu’un consentement aux soins et aux services sociaux devrait être le plus explicite, libre et éclairé possible. Mais avec le SIC SRD, c’est tout le contraire puisqu’on préconise un principe opportuniste de consentement implicite ou «par défaut». Ce renversement m’apparaît tiré tout droit de la tradition des commerçants et des entreprises privées. Serait-ce là un signe de contamination de la mentalité du libre marché? La pointe de l’iceberg de la mercantilisation des services sociaux publics et de la santé? Je le crains.
