Gare à la révolution numérique
Par coalition confidentialité le lundi, février 1 2010, 10:30 - ARTICLES D'INTÉRÊT
«L'évolution technologique a été fulgurante et les atteintes à la vie privée l'ont été tout autant» La révolution numérique est en marche et elle pourrait bien finir par se retourner contre nous. C'est du moins ce que pense la commissaire à la protection de la vie privée, Jennifer Stoddart, qui vient de lancer une vaste consultation publique sur la numérisation des activités sociales et commerciales et l'impact qu'a cette mutation sur les consommateurs.
L'exercice est d'ailleurs plus que nécessaire, selon elle, alors que le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada vient d'ouvrir cette semaine une autre enquête sur le réseau social Facebook, accusé une nouvelle fois de se jouer des règles élémentaires de confidentialité, mais aussi au temps du Web 2.0 où le profilage, la surveillance et le ciblage des consommateurs vont en s'accentuant. Dans la plus grande indifférence.
«Il y a une très grande insouciance des Canadiens quant à la numérisation des comportements et à l'effet de cette numérisation sur la vie privée, a indiqué hier au Devoir Mme Stoddart. C'est dommage. J'espère que cette consultation va contribuer à renverser cette tendance et surtout à amener les gens à réfléchir sur les limites de la société numérique.»
Les défenseurs de la vie privée s'inquiètent.
C'est que les téléphones intelligents, les technologies de géolocalisation, l'engouement pour les Twitter, Facebook, LinkedIn et consorts, la prolifération de blogues à saveur personnelle, le commerce en ligne... viennent aujourd'hui passablement remettre en question les contours de la sphère privée, tout comme son respect.
«L'évolution technologique a été fulgurante et les atteintes à la vie privée l'ont été tout autant», dit Nicole Fillion, coordonnatrice de la Ligue des droits et liberté qui, ce soir et pour deux jours, va tenir colloque à Montréal sur la protection des renseignements personnels à l'ère des technologies de l'information et des communications. L'événement s'intitule «On nous fiche, ne nous en fichons pas!». Mme Stoddart doit y pendre la parole.
«Aujourd'hui, cette technologie permet de constituer facilement et rapidement des bases de données avec ces renseignements, ajoute la porte-parole de la Ligue. Or, en croisant ces bases, on peut connaître les habitudes précises de consommation d'une personne, ses déplacements, ses liens sociaux, ses champs d'intérêt, ses activités militantes... et qui sait où ces informations peuvent atterrir et ce que l'on peut finir par en faire?»
Pour lire la suite de cet article de Fabien Deglise (LE DEVOIR, 29 janvier 2010) CLIQUEZ ICI
